Le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choucri, s’est entretenu hier dimanche avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian en visite au Caire. Les chefs de la diplomatie égyptienne et française ont examiné les moyens de renforcer les relations bilatérales “historiques et distinguées” ainsi que la coordination entre Le Caire et Paris sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun dont la lutte contre le terrorisme et la situation en Syrie et en Libye. Choucri a souligné que Le Caire et Paris entretiennent des relations historiques et stratégiques et que les deux pays travaillent à les renforcer davantage, notant que le ministre français avait rencontré le Président Abdel Fattah Al-Sissi pour passer en revue l’ensemble des situations et des enjeux régionaux. Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français au palais Tahrir, hier, Choucri a souligné que les relations bilatérales étaient au centre des pourparlers conjoints, notant l’importance de la solution à deux États et de parvenir à une paix globale et juste et d’établir un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale. Il a expliqué que les pourparlers portaient sur la situation en Méditerranée orientale et qu’ils travaillent au renforcement de la sécurité et de la stabilité, soulignant que les situations en Syrie, en Libye, en Irak et au Yémen ont été également évoquées, expliquant l’importance de la coopération entre les deux pays dans la lutte contre le terrorisme. Les opérations terroristes visent à atteindre des objectifs politiques et n’ont rien à voir avec la religion musulmane qui appelle, comme les autres religions, à la paix et à la tolérance, a souligné M. Choucri, ajoutant que les deux pays adoptent une vision commune sur toutes les questions. “Nous respectons l’islam et notre pays lutte contre le terrorisme et l’extrémisme”, a de son côté noté le ministre français des Affaires étrangères Et d’ajouter que la situation en Libye va bien, en particulier le cessez-le-feu, soulignant que Le Caire et Paris s’attachent fermement au départ des mercenaires et respectent l’embargo sur les armes en Libye, indiquant que la question palestinienne a été abordée lors des pourparlers. Sur un autre plan, M. Choucri a affirmé que les rapports unissant Washington et Le Caire sont stratégiques et datent des décennies, soulignant que la coopération se poursuivra pendant l’administration du Président élu Joe Biden surtout que les relations sont basées sur des intérêts communs. De son côté, le ministre français a indiqué que les Américains avaient voté massivement, exprimant l’aspiration de son pays à coopérer avec Washington et à relever les grands défis, notamment le climat, la santé et la lutte contre le terrorisme, apprend-on de la page officielle du ministère égyptien des Affaires Etrangères. Le ministre égyptien a en outre rappelé le soutien de l’Égypte à la solution politique en Libye, soulignant qu’il n’y a pas de solutions militaires en Libye et qu’un cessez-le-feu formel était nécessaire pour donner au peuple libyen une chance pour un dialogue libyo-libyen, et que l’Égypte joue un rôle important dans la convergence des vues entre les factions libyennes. Et de renchérir qu’il n’y a pas de place pour les milices armées et les mercenaires. Le chef de la diplomatie égyptienne a en outre condamné l’ingérence régionale dans les affaires intérieures de la Libye, soulignant que Le Caire continue de renforcer son rôle en soutenant la conclusion d’un accord libyen et la réalisation d’élections libres dans le pays. L’Égypte n’a aucune ambition en Libye, a assuré Choucri, soulignant l’aspiration du Caire à ce que le dialogue aboutisse à un renforcement de la solution pacifique.